• Etat des moulins
  • Barrage et moulin d'Onard
  • Vente de biens nationaux
  • Barrage et moulin d'Onard
  • Calcul du débit
  • Barrage et moulin d'Onard
  • Etat des moulins
Etat des moulins1 Barrage et moulin d'Onard2 Vente de biens nationaux3 Barrage et moulin d'Onard4 Calcul du débit5 Barrage et moulin d'Onard6 Etat des moulins7

Patrimoine - Histoire des Moulins dans les Landes

I. Les moulins existent depuis que l’homme s’est sédentarisé :

Les moulins relèvent du patrimoine archéologique, ethnographique et industriel et représentent aujourd’hui le 3ème patrimoine français après les églises et les châteaux.

Les moulins ont joué un rôle économique, social et écologique depuis des siècles grâce à la force de l’eau et du vent qui étaient leurs principales sources d’énergie. L’exploitation des ces énergies leur ont permis de jouer trois rôles incontournables :

Un rôle économique : en nourrissant la population et en permettant toute l’activité industrielle notamment lors des révolutions industrielles du Moyen Age et du XIX siècle.

Un rôle social : en étant un carrefour d’échanges et d’informations. Balzac disait : « Les moulins sont le Parlement du Peuple. »

Un rôle écologique : en régulant les rivières et en maintenant un écosystème de la faune et de la flore, un équilibre de la nature.


II. La Banalité :

Jusqu’au XVIIIème siècle les moulins appartenaient aux nobles et au clergé.

Pendant la féodalité tous les moulins étaient soumis à la banalité c'est-à-dire que leur usage était obligatoire et payant.

Origine de cette taxe ?

Dès le Xème siècle, le territoire de la France se divisait en seigneuries plus ou moins vastes : c’est le temps des seigneurs, de la hiérarchie féodale, du servage.

Du XI au XIVème siècle la France vit une croissance démographique qui aura pour conséquence un fort développement économique et technique. C’est la première révolution industrielle.

Ce développement passera par la modernisation de l’agriculture. Il faut nourrir les gens, il faut du pain.

On sélectionne les meilleures céréales qu’on appelle les bleds ou blés: le froment, le seigle, l’avoine et l’orge.

En exploitant la force hydraulique, la production de farine sera plus importante pour répondre à la demande.

Vers la moitié du XIème siècle les moulins à eau prennent donc tout leur intérêt économique.

Extrait de la préface de Claude Rivals "La France des Moulins " de Gérard Simonet

« Au lendemain de l’an Mil, Raoul Glaber, qui visite l’Occident s’émerveille : « On eût dit que le monde lui-même se secouait pour dépouiller sa vétusté et revêtait de toutes parts un blanc manteau d’églises. » Effectivement, la société féodale toute nouvelle sort de sa chrysalide, mais il faut compléter l’observation du chroniqueur : tout l’Occident est un vaste chantier. Dans notre pays, aux deux tiers couvert de forêts, commencent de vastes défrichements avec le premier grand essor démographique. Davantage de bouches à nourrir, davantage de bras au travail : la hache du bûcheron donne des espaces nouveaux à la faucille du paysan, qui préfère désormais les blés (froment, seigle, avoine et orge) à à l’ancien épeautre, difficile à moudre. C’est une époque dure, qui n’épargne pas la peine des travailleurs. Il faut produire plus ; or venant de la terre encore neuve, la réponse des blés n’est pas très élevée. Comment, dès lors, est-il possible de construire tant d’églises et de châteaux ? Grâce à ces premières machines, les moulins à eau, qui libèrent les mains des hommes de la tâche répétitive et harassante de moudre : ces mains libérées, ce temps libéré sont la condition de l’essor. Ce magnifique printemps n’est possible que grâce à la construction de milliers de moulins. Les hommes, les femmes, les enfants sont devenus si nombreux autour des XIème-XIIème qu’il serait impossible de prépare la farine nécessaire au pain quotidien avec les seules ressources des moulins à bras romains ou des petits moulins domestiques gallo-romains, que tournaient les animaux, les forçats.. ou les femmes. L’Occident fait sa première révolution technique : pas un ruisseau, pas une rivière qui n’actionne des moulins ! On connaît ainsi les moulins à eau édifiés sur les berges (à roue horizontale ou verticale), mais aussi les moulins flottants, construits sur des bateaux. Cette civilisation a faim d’énergie. Dans les découpures de des côtes atlantiques que la mer océane assaille deux fois par jour, des artisans habiles accompagnant leurs seigneurs réalisent au Pays Basque et en Bretagne les tous premiers moulins marémoteurs. Ainsi, trois machines broient le grain avec la force de l’eau ! »

Les seigneurs et les ecclésiastiques souverains justiciers et maîtres de l’eau édifient des seuils sur les rivières pour amener l’eau au moulin, comptant bien en tirer profit de cette nouvelle ressource. Ils parviennent à imposer à toute la population vivant sur leurs terres de venir moudre leurs céréales dans leurs moulins.

On appelle ce monopole la banalité, le droit de ban.

Dès lors dans la banlieue du moulin seigneurial, tous les paysans doivent obligatoirement payer un droit de mouture.


Dessin réalisé par Damien Guédon

Le meunier, homme du seigneur, garde en général pour son service un seizième des grains qu’on lui porte. Il s’acquitte ensuite auprès du seigneur ou d’un membre du clergé de la rente ou prix de la location. Le meunier est homme qui s’enrichit...

Ainsi prend forme le régime de la société féodale. Tout village comprend le château du seigneur, l’église ou l'abbaye, le moulin à eau. Le droit de ban s’applique aussi pour les fournils, les pressoirs, les forges, les lavoirs...

Certains meuniers s’émancipèrent au fil du temps.

La taxe féodale appelée banalité fut abolie le 17 juillet 1793

Elle donna son éthymologie au mot "banlieue".

Dans le département des Landes l’eau est la principale source d’énergie.

L’Adour, ses affluents et ses nombreux ruisseaux seront exploités et équipés de nombreux petits moulins se succédant le long des cours d’eau. Ils répondaient bien-sûr aux mêmes règles de la banalité.


III. Après la révolution :

Beaucoup de moulins furent saisis et vendus en biens nationaux. C’est à partir de ce moment là qu’on vit apparaître les artisans meuniers et la concurrence s’établir.

Un recensement effectué en 1809 demandé par l’Etat, dénombre 692 moulins landais dont 6 moulins à vent. (Quelques uns fonctionnant sans autorisation.) Ils dépassèrent le nombre de 700 au cours du XIXème siècle.

Dans la deuxième partie de ce siècle et le début du XXème, apparurent les minoteries avec les turbines et les cylindres en fer. Ce fut l’amorce de la disparition progressive des petits moulins.

L’arrivée de la machine à vapeur et l’électricité concurrencèrent l’usage de la force hydraulique. La création de quotas de mouture dans les années 1930 (contingence en 1936) accéléra le déclin des moulins existants et des petites minoteries.

Après avoir été triomphants les moulins étaient moribonds.

Un nouveau souffle pendant la guerre de 1939-1945 permit d’en maintenir quelques uns jusqu’aux années 1950, mais leur quasi disparition était inéluctable. L’accroissement de la population de l’après guerre favorisant le développement des grandes minoteries plus aptes à la demande.


IV. Architecture :

La presque totalité des moulins à eau landais sont des moulins à roue horizontale qui s’adapte à la modeste hauteur des chutes.

Ils sont situés le long de l’Adour et de ses affluents mais aussi disposés en chapelets sur les nombreux petits ruisseaux.

Les bâtiments sont en bois de torchis ou briques derrière un mur de garluche dans la Lande.

En Chalosse, Armagnac et Pays d’Orthe les bâtiments sont en galets ou en pierres blanches calcaires et pierres de sable locales.

Les meules sont en pierre meulière de la famille des silex ou en granit. L’entretien des meules se fait par piquage à l’aide de pics, bouchardes et taillons. Cette opération s’appelle le rhabillage des meules.


V. Les Meuniers :

C’est une profession qui a fait l’objet de beaucoup de critiques et d’éloges à la fois, selon les époques.

Les meuniers ont été jalousés car ils ne connaissaient pas la famine et ils étaient les exécuteurs de l’autorité supérieure. Au XIXème siècle ils bénéficiaient d’un statut social particulier mais les différences restaient grandes entre les propriétaires de moulins, les artisans meuniers propriétaires de leur moulin et les fermiers à qui on imposait des baux très favorables aux propriétaires.

De façon générale on accusait les meuniers de voleurs (Rabelais au XVIème siècle les traitait déjà de larrons..) car beaucoup prélevaient plus que leur dû, « la pugnère » ou trichaient grâce à quelques astuces du métier.

On les disait aussi sorciers et souvent volages car ils avaient les mains douces, douceur de la peau acquise par la farine.

Malgré ces griefs, leur image évolua, ils devinrent des personnages joviaux, serviables et même respectés. L’âne du meunier rendait souvent de petits services en milieu rural.

« Le meunier tenait son moulin du seigneur et avait droit à la mouture qui constituait son salaire ; c’est à dire qu’il prenait aux paysans une partie de la farine obtenue dans son moulin. Ce moulin fonctionnait généralement grâce à la force hydraulique : le cours d’une rivière était détournée et amenée par un canal jusqu’au moulin où elle tombait avec force sur les pâles ou les aubes de la grande roue. Celle ci en tournant entraînait la lourde pierre de meule, circulaire, qui broyait le blé, l’orge ou le seigle pour en faire de la farine. Le meunier avait un monopole qui empêchait tout vilain de moudre lui même sa propre récolte ; le meunier n’était donc pas homme qu’on aimait beaucoup. On l’accusait de prendre plus que sa part de farine et de remplir ses sacs avec du sable et du plâtre. « Aussi voleur qu’un meunier.. » disait-on souvent. Parfois le meunier avait également la charge de s’occuper du four du village où tous les vilains devaient venir faire cuire leur pain. » (Cf. Vie et mœurs au Moyen Age éditions RST)

Anecdote landaise :

En 1580 Bertrand de Poyanne s’empara de Mont de Marsan qui était aux mains des Huguenots avec la complicité du meunier de l’époque.


VI. Aujourd’hui :

Il reste dans les Landes une bonne vingtaine de moulins pouvant moudre du grain. On peut y ajouter trente à quarante moulins pouvant être restaurés car ils ont encore des meules et des rouets endormis dans la vase.

Depuis une vingtaine d’années grâce à la force de l’eau, certains moulins produisent de l’électricité pour leur consommation personnelle ou lorsque les sites s’y prêtent, ces anciens moulins ont laissé place à des petites centrales hydro électriques.

Tous les seuils et barrages sur les rivières des Landes qui permettent d’alimenter en eau les biefs des moulins, représentent aujourd’hui un potentiel extraordinaire pour la production d’une énergie propre et renouvelable.


André Castède et Nicole Maysonnave

Histoire des moulins
Archives départementales
Cartes postales
© 2014 Mentions légales
Association de sauvegarde des Moulins des Landes - Mentions légales

Ce site ainsi que son contenu sont la propriété de l'Association de Sauvegarde des Moulins des Landes, régie par la loi du 1ier juillet 1901 et ci-après dénommée "L'association".

L'association s’efforce de tenir à jour ,au mieux de ses possibilités, l’exactitude et la mise à jour des informations diffusées sur ce site, dont elle se réserve le droit de corriger, à tout moment et sans préavis, le contenu.
Toutefois, l'association ne peut garantir l’exactitude, la précision ou l’exhaustivité des informations mises à disposition sur ce site.
En conséquence, l'association ne saurait être tenue responsable pour toute inexactitude ou omission portant sur des informations disponibles sur le site, ainsi que des éventuels dommages pouvant résulter de modifications causées par une introduction frauduleuse sur le site par un tier.
Le contenu de ce site est fourni à titre informatif. L'existence de liens vers d'autres sites ne constitue pas une validation de ces sites ou de leur contenu. La responsabilité de l'association ne saurait être engagée quant aux informations, opinions et recommandations formulées sur ces sites tiers.
L'ensemble de ce site relève de la législation française et internationale sur le droit d'auteur et de la propriété intellectuelle, aussi bien en ce qui concerne sa forme (choix du plan, disposition des matières, moyens d'accès aux données, organisation des données...), qu'en ce qui concerne chacun des éléments de son contenu (textes, images...).
Toutes les reproductions, de tout ou partie de ce site, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques sont formellement interdites sauf autorisation expresse d'un responsable de l'association. L'atteinte à l'un quelconque de ces droits est constitutif du délit pénal de contrefaçon (art. L 335-1 à 335-10 du Code de la propriété intellectuelle).



crédits
Association de sauvegarde des Moulins des Landes - Mentions légales

Conception et charte graphique
Damien "Chickendada" Guédon

lechickendada@gmail.com
06 77 27 22 69
www.chickendada.com

Réalisation et conception dynamique
Christian Plent
christian@plent.fr
06 20 98 05 32