Les moulins sont menacés

Restauration de la continuité écologique : trois mots qui s’alignent, trois mots dans l’air du temps, trois mots qui cachent la disparition des derniers moulins à eau.
Relisons leur histoire. Les moulins à eau ont traversé les siècles, subi les guerres, les intempéries, les lois. Ils ont donné sens à la vie économique et sociale de notre pays. Les seuils et les barrages sur les rivières ont dessiné au fil du temps le paysage de nos villes et nos campagnes. Plus d'un sont tombés à ce jour. Mais nombreux sont ceux qui résistent pour leur sauvegarde et l’équilibre de l’environnement.
Debout, ils suivent le chemin tracé qui s’appuie sur l’observation et le bon sens.
Adourette, frétillante anguille des cours d’eau du pays des Landes, sera l’écho des actualités vertes et bleues.

Actualités - Presse

Les canoës s'engouffrent dans la passe à poissons de Mont de Marsan Presse - 24-11-2014 Interrogation

AMENAGEMENT, dans un an, anguilles et aloses remonteront la Douze et les kayakistes la descendront sans être bloqués à la Villa Mirasol. Une continuite écologique et sportive.

Tel est est le titre d'un article signé Benoît Martin dan le journal Sud Ouest ce 24 novembre 2014.

Adourette s'interroge sur ses écrits et voudrait combler quelques lacunes pour que les lecteurs puissent regarder de l'autre côté du miroir...


L’Union Européenne a basé sa construction sur la libre circulation. Vrai. Mais delà à assimiler la circulation des biens, des services, des capitaux  à la circulation des poissons, il y a quelques valeurs à différencier. Traitée superficiellement dans sa forme, la continuité écologique prend des effets de sensationnel dans votre article.

 

Vous êtes-vous renseigné sur le fond de la continuité écologique ?

 

REPÈRES :

 

La première loi sur l’eau pour lutter contre les pollutions date de 1964.

Les pollutions allant crescendo, les lois se sont multipliées. Sans effet.

 

  • En 1984, la loi pêche, promulguée le 29 juin, avait proclamé que «  la préservation des milieux aquatiques et la protection du patrimoine piscicole sont d’intérêt général.». En application elle impose aux propriétaires d’aménager les ouvrages hydrauliques de passes à poissons.

 

  • En 2000, l’Europe demande à tous les états membres d’atteindre un résultat précis : le bon état des masses d’eau d’ici 2015 : Directive Cadre sur l’Eau 2000/60/CE.

 

L’état écologique des cours d’eau s’apprécie sur trois critères :

 

  • biologique : la DCE laisse une place importante à la biologie. Elle prend en compte plusieurs types d’organismes servant de d’indicateurs au bon état (invertébrés, végétaux, poissons, diatomées)
  • hydromorphologique : correspond à la morphologie du cours d’eau , il influencera le paramètre biologique. Il prend en compte la libre circulation des espèces, le transport des sédiments, l’absence de contraintes latérales, des annexes hydrauliques connectées.
  • physico-chimique : il prend en compte le taux de concentration des substances dangereuses prioritaires annexées à la DCE, dont la liste est établi au niveau national. Le taux de concentration ne doit pas dépasser les seuils établis par la Directive, pour qu’un cours d’eau soit considéré comme étant en bon état.

(cf. La transposition de la directive cadre sur l’eau en droit français de Soledad Lembourg)

 

  • En 2006, la France crée la loi sur les milieux aquatiques (dite LEMA) n°2006-1772.

La France ne prend en compte que le paramètre hydromorphologique des cours d’eau, élément secondaire au regard des objectifs européens.

 

  • En 2008, une nouvelle Directive 2008/105/CE, fille de la DCE, exige des normes de qualité environnementale destinées à limiter dans les cours d’eau de l’Union Européenne, la quantité de certaines substances chimiques présentant un risque significatif pour l’environnement et la santé.

 

 

La priorité est de retrouver un bon état chimique des eaux, c’est-à-dire, une lutte contre toutes les pollutions qu’elles soient d’origine agricole, industrielle, domestique, médicamenteuse, etc. S’ajoutent l’urbanisation galopante et les activités humaines toutes aussi responsables de la dégradation de la qualité des eaux.

La biodiversité aquatique est en danger. Nul ne peut le contester.

 

Vous écrivez très justement que 60000 ouvrages sont concernés en France.

Savez-vous de quelle époque datent ces ouvrages ?

Ils ont été édifiés, pour la grande majorité d’entre eux, à partir du Xème siècle pour établir des moulins. Pas pour faire joli dans les campagnes et dans les villes, non, uniquement pour utiliser la force hydraulique afin de soulager l’homme de travaux pénibles et de produire plus pour une population grandissante.

Nombreux sont les ouvrages aujourd’hui séculaires.

Croyez-vous sincèrement que les anguilles et les poissons amphihalins se sont arrêtés au premier barrage et ont fait demi-tour dès le Xème siècle?

Questionnez les pêcheurs autochtones, ils vous diront que les anguilles, brochets et aloses montaient et dévalaient l’Adour et ses affluents il y a encore une cinquantaine d’années.

 

Quelques informations en vrac pour éveiller la curiosité de tout journaliste :

 

  • Savez-vous qu’un décret du 19 décembre 1964 déclarait espèce nuisible, les anguilles dans les rivières de première catégorie ? Et ce jusqu’au décret du 23 décembre 1985 où l’anguille n’apparaît plus comme espèce nuisible.

 

  • A partir des années 80 les pibales vont se transformer en monnaie sonnante et trébuchante pour les pêcheurs des embouchures des fleuves de la côte atlantique. Des millions de tonnes de petites anguilles vont terminer leur course des Sargasses dans les plats asiatiques sans compter ceux de nos petites auberges françaises où nombreux courraient s’y régaler. Aujourd’hui des quotas de pêche à la pibale sont en place. Sont-ils toujours respectés ?

 

  • Il y a une trentaine d’années, on importait un poisson originaire du Danube dans les cours d’eau français dont l’Adour : le silure. Carnassier de 2m50 qui se nourrit de poissons et d’anguilles en autres. Mais il est toléré pour la pêche sportive m’a-t-on dit.

 

  • Les poissons comme les saumons, les truites et les anguilles sont très sensibles aux pollutions tout particulièrement aux PCB, connus souvent sous pyralènes. Regardez dans les archives S.O. 2012/2013, vous trouverez des articles où le préfet interdit ces poissons à la consommation.

 

  • La passe à poissons dont est équipé depuis 1995 le barrage sur la Midouze au pied de la minoterie n’est plus aux normes, dixit la DDTM et l’ONEMA. Savez-vous que ce sont les mêmes services qui l’ont homologuée à l’époque.

 

  • 170000€ HT de travaux pour la mettre aux normes actuelles. Mais quelles sont ces normes ? Pourquoi ne détaillez-vous pas davantage ? Des pentes douces pour les anguilles et les canoës ? Quand parlez-vous du gain écologique, nombre de poissons et d’anguilles retrouvés après cet investissement ?

 

  • 60% de subventions accordées par l’Agence Adour Garonne ? Il serait intéressant d’ajouter que ces subventions proviennent des taxes que tout citoyen paie sur sa facture d’eau. Et les 40% restant ? A la charge des montois et des autres, naturellement.

 

  • Est-ce que pour cette somme dépensée aujourd’hui, les services d’Etat assurent la pérennité de ces travaux ? Ne les avaient-ils pas assurés en 1995 ?

 

  • Que les hauteurs de chute des barrages soient de 16m ou de 80 cm, tous les ouvrages sont assimilés aux mêmes contraintes imposées par la loi française. Pas de cas par cas.

 

  • Où sont les études scientifiques en amont et en aval qui prouvent l’entière responsabilité des ouvrages sur la montaison et la dévalaison des anguilles et poissons ?

 

  • Quelles seront les conséquences une fois le démantèlement des ouvrages achevé ? Qui y réfléchit ?

 

  • Avez-vous fait la multiplication du coût des 60000 aménagements ou arasements ? Ils atteindront plus de trente milliards d’euros pour tous les ouvrages sur le territoire français, 12 millions d’euros pour le département des Landes, 750000 euros pour 7 adhérents de notre association.

 

 

Une voie bleue de Roquefort à Tartas ! Vous m’en voyez ravie pour les amateurs de canoës.

Mais connaissant les difficultés et les complexités de la notion de restauration de continuité écologique, je ne pouvais pas vous laisser dire qu’il doit y avoir le moins d’obstacles possible à la circulation des organismes vivants.

Je sais que des ouvrages non entretenus peuvent être des obstacles mais cessez de crier haro sur le baudet et retenez avec impartialité tous les paramètres de la continuité écologique.

 

Votre article, par une information incomplète et ignorante des tenants et des aboutissants, nuit aux ouvrages hydrauliques dont beaucoup sont exploités pour la production hydro électrique, énergie propre et renouvelable, aux moulins, troisième patrimoine de la France, aux arrosages agricoles, aux pisciculteurs etc.

Les moulins sont en danger de disparition eux aussi. Les propriétaires privés n’auront jamais les moyens de payer les sommes pharaoniques établies par des bureaux d’études qui ont travaillé sur ces dossiers à la demande de la DDTM. Pour l’instant les subventions pour les propriétaires de moulins sont hypothétiques et les courriers adressés au préfet des Landes pour avoir des compléments d’information à ce sujet sont toujours restés sans réponse.

 

Comment peut-on encore continuer en cette dure période économique à la complaisance du gaspillage de l’argent public sans évaluer les conséquences de telles décisions ?

 

Chaque question soulevée pourrait être développée sur plusieurs pages. Cela suffit pour ce soir.

 

Pour relire l'article cliquer ci dessous.


A voir ou à télécharger

© 2014 Mentions légales
Association de sauvegarde des Moulins des Landes - Mentions légales

Ce site ainsi que son contenu sont la propriété de l'Association de Sauvegarde des Moulins des Landes, régie par la loi du 1ier juillet 1901 et ci-après dénommée "L'association".

L'association s’efforce de tenir à jour ,au mieux de ses possibilités, l’exactitude et la mise à jour des informations diffusées sur ce site, dont elle se réserve le droit de corriger, à tout moment et sans préavis, le contenu.
Toutefois, l'association ne peut garantir l’exactitude, la précision ou l’exhaustivité des informations mises à disposition sur ce site.
En conséquence, l'association ne saurait être tenue responsable pour toute inexactitude ou omission portant sur des informations disponibles sur le site, ainsi que des éventuels dommages pouvant résulter de modifications causées par une introduction frauduleuse sur le site par un tier.
Le contenu de ce site est fourni à titre informatif. L'existence de liens vers d'autres sites ne constitue pas une validation de ces sites ou de leur contenu. La responsabilité de l'association ne saurait être engagée quant aux informations, opinions et recommandations formulées sur ces sites tiers.
L'ensemble de ce site relève de la législation française et internationale sur le droit d'auteur et de la propriété intellectuelle, aussi bien en ce qui concerne sa forme (choix du plan, disposition des matières, moyens d'accès aux données, organisation des données...), qu'en ce qui concerne chacun des éléments de son contenu (textes, images...).
Toutes les reproductions, de tout ou partie de ce site, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques sont formellement interdites sauf autorisation expresse d'un responsable de l'association. L'atteinte à l'un quelconque de ces droits est constitutif du délit pénal de contrefaçon (art. L 335-1 à 335-10 du Code de la propriété intellectuelle).



crédits
Association de sauvegarde des Moulins des Landes - Mentions légales

Conception et charte graphique
Damien "Chickendada" Guédon

lechickendada@gmail.com
06 77 27 22 69
www.chickendada.com

Réalisation et conception dynamique
Christian Plent
christian@plent.fr
06 20 98 05 32